Philosophie

Le but d’une peinture est d’être suspendue, de la meilleure façon possible à un mur, afin d’être visible soit par son seul propriétaire, voire par un cercle élargi de personnes. En cela je ne vous apprends rien de neuf.

Picasso ne disait il pas « un tableau ne vit que par celui qui le regarde ».

Mon travail, je le confesse et le revendique, relève plus de la « décoration » que d’un travail artistique même dans une acceptation élargie du terme.

S’il est vrai que je ne suis pas décorateur professionnel, j’œuvre néanmoins avec beaucoup de plaisir dans ce sens.

Bien des fois j’ai été sollicité pour conseiller sur le choix de tel ou tel tableau à tel ou tel endroit, il m’est aussi arrivé de m’occuper d’une installation complète de toiles dans des appartements ou des maisons.

Cette démarche parfois longue et complexe à toujours abouti à un résultat auquel l’on n’aurait pas forcément songé au départ et qui à l’arrivée semble tellement évident.

Il est de notoriété que bien des peintres, principalement à partir de la seconde moitié du XXème siècle rejetaient fermement toute connotation décorative de leur travail. La lecture de correspondances d’artistes révèle parfois bien des contradictions dans ces certitudes, selon l’époque et la renommée dont ils jouissaient.

Cela m’a toujours conforté dans l’idée qu’à partir du moment où une œuvre est achevée, elle appartient, tout du moins moralement, ad aeternam à son créateur, mais le talent dont il a fait preuve est d’une certaine façon offert à celui qui sait regarder avec justesse et humilité.

Dans mon travail je privilégie à une approche millimétrique de l’œuvre que je copie, un travail basé principalement sur cette « ambiance » que projette l’œuvre originale. Il faut que la copie de tableau soit avant toute chose cohérente, elle ne doit en aucune façon tromper celui qui l’achète, elle ne doit pas être un substitut de ce que les procédés d’impression actuels peuvent obtenir de manière bien plus fidèle et précise que mes quelques traits de pinceau additionnés.

J’estime qu’à aucun moment je n’ais trahis sciemment l’esprit d’une toile que j’ai copié. Peut être, certainement même, n’étais-je pas, à ce moment, dans le même état d’esprit, que je n’ai pas fait preuve de la même force, des mêmes efforts pour étonner ou surprendre, du même talent de poésie.

Je suis conscient que ni mes copies, ni mon travail de copiste n’auront jamais la prétention d’égaler, ou seulement d’approcher de très près, tous ces savoir faire pour lesquels j’ai tant d’admiration. Ce à quoi j’ai œuvré avec sincérité, aura tout au moins le mérite de vous offrir une alternative à ce que vous choisirez d’accrocher dans votre intérieur afin de lui donner le style qui vous correspond ou que vous aimez, loin des dictats et des modes souvent passagères.

Vivre la peinture, tel est mon bon plaisir et peut être un jour le vôtre...

Claude Bech

 
Peintre et copiste à Strasbourg inéolab